Blackwater

Aïe aïe aïe, le premier post de ce blog sera-t-il une critique amère ? Spoiler : oui. Je n’ai pas aimé Blackwater I (La crue) par Michael McDowell. C’était pas faute de vouloir, hein.

Début 2021, j’ai lu La Maison dans Laquelle de Mariam Petrosyan, édité chez Monsieur Toussaint Louverture. Un immense coup de cœur pour ce pavé inclassable que j’ai envie de conseiller à tout le monde.

Du coup quand j’ai entendu parler de Blackwater chez le même éditeur, avec son écrin BEAUCOUP TROP JOLI pour un format poche, j’étais emballée. Alors, oui, on ne se fie pas à la couverture d’un livre, tout ça, mais si quand même. Non, sans rire, il est pas beau ce roman ?

Et même sans trop lire de critiques, j’ai cru comprendre qu’elles étaient bonnes. Des libraires me l’ont conseillé. Et franchement à 8,40€ ça valait pas le coup de se priver, non ?

Mais au final, bof. Chronique d’une déception.

De quoi ça s’agit ?

Blackwater nous emmène à cette époque du début du XXe où de riches familles blanches emploient de pauvres familles noires pour toute leur vie et sur plusieurs générations, dans une petite communauté de l’Alabama (Perdido), dans laquelle tout le monde se connaît (et se déteste). Après une crue qui a ravagé la ville, Oscar Caskey et Brey, son employé noir superstitieux, découvrent une inconnue, Elinor Dammert, coincée dans un hôtel inondé depuis plusieurs jours. En dépit des craintes de Brey, qui se méfie de la mystérieuse jeune femme, Oscar l’embarque avec lui. Elinor va peu à peu intégrer Perdido en tant qu’institutrice, malgré la haine que lui porte Mary-Love, la matriarche de la famille Caskey.

Le problème

Alors oui, il y a un côté horreur à la Stephen King. Oui, il y a du Lovecraft là-dedans (on sait dès les premières pages qu’Elinor n’est pas humaine). Mais bon sang que c’était froid et frustrant !

Froid, selon moi, parce qu’aucun personnage ne tire vraiment son épingle du jeu – ce sont tous des archétypes (le fils soumis, la belle-mère haineuse, la gamine docile… la sœur n’a tellement aucune autre fonction qu’elle s’appelle littéralement Sister) et c’est à peu près tout. Difficile de voir un réel protagoniste se dégager du lot et aucun n’est vraiment attachant (ce qui, pour moi, est rédhibitoire). La narration participe aussi à cet impression générale de distance, puisqu’elle nous fait bondir d’un point de vue à l’autre, mais se contente de les survoler. J’ai le sentiment d’être passée à côté des motivations de chacun des personnages. L’animosité de Mary-Love pour Elinor, par exemple, est si gratuite que j’ai du mal à y croire.

Frustrant, parce que l’aspect horrifique n’est qu’effleuré. Oui, ok, visiblement Elinor est un genre de Dagon qui prend forme humaine. Et ? Ses intentions restent obscures. À part à l’exception d’un épisode en particulier (un peu gratuit d’ailleurs, où on bascule effectivement le temps de quelques pages dans l’horreur), Elinor n’agit pas vraiment différemment de son entourage homo sapiens et du coup je n’ai pas retrouvé ce côté fantastico-horreur auquel je m’attendais. À vrai dire, sur ce premier tome, j’ai surtout vu une histoire de rivalité entre une mère control-freak et une belle-fille intelligente et rusée. Rien de plus. Est-ce que la nature d’Elinor aura un impact sur la suite (La Crue étant le premier de six tomes) ? Est-ce que ses motivations seront explicitées ? Peut-être. Mais ça sera sans moi.

La conclusion concluante

Ce premier tome de la série Blackwater n’est pas un mauvais livre. Je l’ai terminé sans me forcer, la traduction ne m’a pas donné envie de m’arracher les yeux et malgré mon non-intérêt pour la famille Caskey et son quotidien post-inondation, je suppose que je peux en comprendre l’attrait. Mais c’est loin d’être un coup de cœur et la suite ne me tente pas. C’est triste. Parce que, quand même, cette couverture.

Je vous laisse avec deux autres critiques, une qui rejoint mon avis et une seconde beaucoup plus enthousiaste. Des bisous poilus.

2 réflexions au sujet de “Blackwater”

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